jeudi 1 septembre 2016

Sortie de classes

Sortie de classes est un roman de Laurent Torrès publié le 1 Septembre 2016 aux éditions Albin Michel.

Présentation de l'éditeur :
Prof de français dans un collège de banlieue, Julien est, comme tous ses collègues, submergé par la pression du système éducatif, la détresse de parents en pleine misère sociale, et la dérive d’enfants sans avenir. Le jeune agrégé ne fonde guère d’espoir dans les vertus d’un métier qui consiste à valider ce qui existe. Issu d’une famille bourgeoise, il est en décalage avec ses élèves et une partie des professeurs. Son intérêt pour un gamin solitaire et mutique va le replonger dans ses années d’adolescence, hantées par le souvenir d’un ancien ami, souffre-douleur de sa classe.

Reddition, impuissance, désillusions, sentiment d’imposture… un tableau saisissant du monde enseignant et de ces professeurs qui errent entre espoir et découragement, lassitude et ennui. Un roman générationnel qui confronte les années SOS Racisme à l’époque actuelle, où internet a remplacé la sociabilité mais pas la cruauté des élèves.

Pour un premier roman, Sortie de classes est vraiment étonnant. L'auteur maîtrise son histoire de bout en bout et ne rentre jamais dans les clichés sur l'école comme on peut bien trop souvent les voir à la télévision ou lire dans d'autres romans. Son histoire sonne vrai et c'est pour cela qu'elle nous passionne dès les premières pages.

Julien est professeur de français dans un collège de la région parisienne. Dans sa classe, il aperçoit Sofiane, un élève discret, trop discret, qui lui rappelle certains fantômes de son passé. Malheureusement, son passé il l'a pratiquement oublié, comme si, en vieillissant, il l'avait jeté dans un grand sac poubelle et enfoui quelques mètres sous terre au fond du jardin.
Ses souvenirs reviennent malgré tout bribe par bribe et sa principale découverte est le visage d'un camarade qu'il a côtoyé quelques temps. Un camarade qui paraît pourtant être un fantôme le temps que Julien approfondisse ses recherches. Louis était un camarade discret lui aussi. Le genre d'élève à rester loin des autres, prostré dans son coin. La cohabitation entre Louis et les autres élèves semblait totalement impossible puisque celui-ci avait un goût mature et prononcé pour la littérature et l'art en général. Il n'était pas du genre à soulever les jupes des filles et à pousser les autres garçons.

L'auteur nous fait donc voyager entre le passé du professeur et son présent. C'était en analysant ses actions passées qu'il s'aperçoit qu'il commet les mêmes erreurs ou fautes qu'il reprochait aux autres lorsqu'il était plus jeune. Il peut alors faire un constat de sa vie présente, ce qui semble lui permettre d'ouvrir un peu plus les yeux.
En effet, Julien est un professeur qui bouillonne de plus en plus intérieurement. Il en a assez de tous ces conseils de discipline chaque semaine, assez de ces parents d'élève qui se plaignent des notes mais qui ne font rien pour aider leurs enfants, et, par dessus tout, il en a assez des problèmes des autres. Même de Farid, un collègue qui semble être l'un de ses meilleurs amis.

Sortie de classes nous amène intelligemment à la réflexion sur des sujets comme la vie des professeurs et de l'éducation en générale en comparant le tout à l'époque où il était lui-même élève. Il nous laisse à plusieurs reprises devant nos responsabilités. Qu'aurions-nous fait ? Et comment ?
J'ai lu ce roman d'une traite. Je pourrais en parler pendant des heures tellement j'ai aimé le lire. Je le conseille vivement car c'est un vrai coup de cœur de la rentrée littéraire ! Bonne lecture à tous !

mercredi 31 août 2016

La fille dans le brouillard

La fille dans le brouillard est le nouveau roman policier de Donato Carrisi paru le 31 août 2016 chez Calmann-Lévy.

Présentation de l'éditeur :
Une jeune femme est enlevée dans un paisible petit village des Alpes. Le coupable est introuvable, et voilà que la star des commissaires de police, Vogel, est envoyé sur place. De tous les plateaux télé, il ne se déplace jamais sans sa horde de caméras et de flashs. Sur place, cependant, il comprend vite qu’il ne parviendra pas à résoudre l’affaire, et pour ne pas perdre la face aux yeux du public qui suit chacun de ses faits et gestes, il décide de créer son coupable idéal et accuse, grâce à des preuves falsifiées, le plus innocent des habitants du village : le professeur d’école adoré de tous. L’homme perd tout du jour au lendemain (métier, femme et enfants, honneur), mais de sa cellule, il prépare minutieusement sa revanche, et la chute médiatique de Vogel.

Le nouveau roman de Donato Carrisi est plutôt surprenant. Pas seulement sur le fait qu'il dénonce des médias trop excités par le sang et le pouvoir qu'ils ont de démolir la vie d'une personne, mais il est également étonnant dans sa façon de traiter les personnages.
En effet, Vogel nous est assez rapidement, et classiquement, présenté comme un héros de la police et, du coup, on en fait aussi notre héros ; celui qui va résoudre l'enquête et rétablir l'ordre dans ce petit village des Alpes qu'est Avechot. Mais on est vite surpris de l'efficacité et de la justesse d'esprit de son bras droit du moment, Borghi, et également déçu ou agacé par l’entêtement du commissaire Vogel.

Bien qu'il ait indéniablement un flair hors du commun, Vogel se montre trop sûr de lui. Il va même jusqu'à user des médias pour servir son enquête. Les médias peuvent se montrer efficaces pour fouiner dans la vie des gens et trouver certains secrets mais ils ne savent pas garder leurs trésors et interprètent bien souvent trop rapidement. L'un des principaux suspects en fera l'affaire. Sa vie paisible se voit finir en véritable chaos.

Entre manipulation des médias, de la police et du tueur, le lecteur ne sait plus où donner de la tête et doute en permanence. La disparition de la jeune fille ne semble pourtant pas, au premier abord, être une enquête trop compliquée mais celle-ci va faire naître une psychose extraordinaire à l'ensemble des villageois. L'auteur s'amuse à nous montrer de nombreuses pistes et à nous faire découvrir différents personnages tous plus mystérieux les uns que les autres.
Le roman est un vrai régal à lire. J'ai été tout de suite captivé et n'ai jamais décroché avant la dernière page ... dernière page qui restera graver dans vos mémoires quelques temps encore après la lecture ...

jeudi 25 août 2016

Les disparus de Mapleton

Les disparus de Mapleton est un roman de Tom Perrotta, l'auteur de Little Children.

Présentation de l'éditeur :
Un événement inexpliqué, le « Ravissement », a provoqué la disparition de millions de personnes à travers le monde. A Mapleton, bourgade du Midwest, c’est un bouleversement pour la famille Garvey, qui fait partie des survivants. Kevin devient le nouveau maire, sa femme Laurie, leurs enfants, Tom et Jill, se débattent pour redonner un sens à leur vie. Tandis que Laurie part rejoindre une secte de « pénitents », sa fille, autrefois lycéenne modèle, se livre à tous les excès. La chronique décapante et intimiste d’une famille américaine moyenne après un traumatisme qui les dépasse, adaptée en série télévisuelle avec génie par le créateur de Lost sous le titre The Leftovers.

Les disparus de Mapleton est le roman qui a donné lieu à la surprenante et magnifique série The Leftovers. Ayant vu, voire vécu, la série, j'ai pu comparer les deux et remarquer de nombreuses différences justifiées pour pouvoir porter ce drame à l'écran.
Kevin Garvey, le personnage principal voire central du roman, est le maire de la ville. Il est devenu maire suite à la disparition soudaine qui a emporté de nombreuses personnes ; enfants et adultes. Certains ont eu la chance de garder leur famille entière, d'autres n'ont pas eu cette chance. Parmi ces derniers, Nora, elle, a perdu son mari et ses deux enfants. Kevin, lui, a gardé sa femme et ses deux enfants ... en un sens car sa femme est partie, son fils a décidé de suivre un soi-disant sauveur miraculeux et sa fille est complètement paumée et ses notes chutent à l'école.

Ces deux personnages ainsi que de nombreuses autres tentent tant bien que mal de se reconstruire dans un monde qui change. Un monde vidé de proches ; amis, famille, voisins ...
Naît alors une secte, les Coupables Survivants, que rejoint Laurie, la femme de Kevin. Les membres sont habillés de blanc, ne parlent pas en public et ont toujours une cigarette à la main. Leur but premier est de ne pas faire oublier ceux qui ont disparus. L'auteur nous montre la force de ces sectes, qu'elles quelles soient, qui arrivent à recruter et à manipuler les personnes les plus attristées.

Tom Perrotta nous décrit avec une justesse déconcertante la survie et la tristesse de tous ces personnages si différents mais unis dans le malheur après cet étrange phénomène. Les personnages sont attachants. Leur courage et leur force sont impressionnants face à ce terrible combat qui est de vivre chaque jour sans ces disparus. De devoir reconstruire leur vie sans leurs proches. Mais comment faire ? Comment trouver un sens à la vie lorsque l'on perd toute sa famille ?
Tom Perrotta signe là un roman très fort, très profond créant des personnages magnifiques que l'on continue à aimer après avoir tourné la dernière page.

jeudi 4 août 2016

Un homme, ça ne pleure pas

Un homme, ça ne pleure pas est le quatrième roman de Faïza Guène après Kiffe kiffe demain, Du rêve pour les oufs et Les gens du Balto. Il est paru le 3 Janvier 2014 aux éditions Fayard.

Présentation de l'éditeur :
Né à Nice de parents algériens, Mourad voudrait se forger un destin. Son pire cauchemar : devenir un vieux garçon obèse aux cheveux poivre et sel, nourri à l’huile de friture par sa mère. Pour éviter d’en arriver là, il lui faudra se défaire d’un héritage familial pesant. Mais n’est-ce que dans la rupture qu’on se découvre vraiment ?
Faïza Guène interroge l’héritage familial et la question de la liberté. Rien n’est pesant, rien n’est jugement.

C'est avec ce titre choc que nous revient l'excellente Faïza Guène, déjà auteur de trois très bons romans. Enfin, elle nous revient pour notre plus grand plaisir, six ans après son précédent roman. Je vais finir par créer une pétition pour qu'elle nous revienne plus souvent !!
Il faut dire que ses romans alliant humour et drame de la vie courante me touchent profondément. Ce que j'aime par dessus tout c'est l'amour qu'elle a envers ses personnages. Elle les fait pourtant passer pour des badauds mais c'est ce côté niais allié à des répliques chocs qui font leur charme.

Dans ce nouveau roman, nous suivons une famille algérienne venue s'installer à Nice. Les parents ont eu deux filles et un fils, Mourad, qui est le narrateur de l'histoire. Dounia et Mina sont deux sœurs bien opposées. Alors que la seconde file droit comme le souhaite ses parents, enfin surtout sa mère, l'autre est plutôt rebelle. Mourad, lui, est spectateur d'une famille qui se déchire parfois, et il est le pont entre la grande sœur et le reste de la famille.

Ce qui est également intéressant dans ses romans c'est qu'elle s'écarte de tout cliché pour mener à bien son histoire mais elle sait les insérer au bon moment pour nous faire rire. Les dialogues et les comportements de la mère sont à mourir de rire.
En plus de cet humour, Faïza Guène se pose des questions sur l'identité, sur, comme le signale le journaliste François Busnel de L'Express, l'héritage familial. Aussi, les commentaires intelligents du jeune Mourad ouvrent des perspectives de réflexion plutôt intéressantes sur l'intégration et le mélange des cultures. Encore un excellent roman signé Mademoiselle Guène !

dimanche 31 juillet 2016

Une victime idéale

Une victime idéale est le nouveau roman de Val McDermid publié aux éditions Flammarion le 11 Mai 2016.

Présentation de l'éditeur :
Dans une petite ville du Yorkshire, des femmes qui se ressemblent sont retrouvées mortes. Leur point commun : elles sont toutes blondes aux yeux bleus. Ce tueur pas comme les autres cherche en chacune de ses victimes la femme parfaite, amante soumise et ménagère accomplie, avant de les massacrer avec la plus grande cruauté.
Au moment où le meurtrier se prépare à fondre sur sa future proie, Tony Hill se retrouve au cœur de l’enquête mais cette fois sur le banc des accusés. Le célèbre profiler serait-il passé de l’autre côté du miroir ?
Dans ce thriller psychologique à glacer le sang, le duo formé par Tony Hill et Carol Jordan est plus que jamais mis en péril.

La nouvelle histoire des deux compères, Tony Hill et Carol Jordan, est excellente pour l'été. Il faut évidemment comprendre par là que le rythme sans relâche et le suspense intense vous prendront aux tripes et vous feront oublier, si vous en aviez besoin, le boulot.

Dans Une victime idéale, l'ex-commandant, Carol Jordan a démissionné de son poste après la mort de son frère et de sa belle-sœur. Meurtres qu'elle met sur le dos du psychologue et profiler Tony Hill. Ce dernier vît mal également de ne pas avoir prévu les meurtres de ce couple et semble totalement détruit par la distance que lui met Carol Jordan.

Paula McIntyre, ex partenaire du duo de choc, enquête sur la disparition d'une de ses amies, ou plutôt connaissances. Plus elle avance dans l'enquête et plus elle trouve de similitudes avec le meurtre d'une autre jeune femme. Surtout que celle-ci correspond en de nombreux points physiques à son amie disparue.
Un nouveau meurtrier surgit et Paula décide de recontacter le duo de choc pour se sortir de cet enfer. Tony accepte de l'aider pour donner son avis mais il se retrouve bien malgré lui en plein dans l'enquête ... comme accusé. Carol sortira alors de sa cachette pour tenter de rétablir la justice.

Le roman est prenant. Les personnages sont intéressants et certains, comme Paula, sortent vraiment du lot. La relation ambiguë entre Tony et Carol aurait mérité d'être un peu plus complexe ou plus approfondie à mon avis. Le gros point négatif du roman c'est ce manque de chance qui a conduit Tony Hill en prison ... c'est vraiment exagéré et on sent que l'auteur voulait à tout prix enfermé son personnage pour en faire une victime, voire une double victime suite à sa relation tendue avec Carol. Prenant donc mais irréaliste.

samedi 9 juillet 2016

La Reine et l'assassin

La Reine et l'assassin est un roman de David Morrell, l'auteur de Rambo, publié aux éditions Marabout le 9 Mars 2016.

Présentation de l'éditeur :
Londres, 1855.
La guerre de Crimée fait rage. L’incompétence de l’état major britannique provoque la chute du gouvernement en place. L’empire vacille. 
C’est dans ce contexte troublé que le sulfureux opiomane Thomas de Quincey et son «équipe» (sa fille et leurs deux acolytes de Scotland Yard) affrontent un tueur d’un genre bien particulier. Ses victimes, toutes des membres de l’aristocratie, sont autant de jalons vers un objectif ultime : l’assassinat de la reine Victoria elle-même.
Alors que de Quincey et sa fille se démènent pour protéger la reine, ils mettent au jour les secrets tragiques du passé d’un homme rongé par sa soif de vengeance.

Inspiré de faits réels, ce nouveau roman de David Morrell conjugue avec talent l’Histoire et la fiction, et fait revivre un épisode sanglant de l’Angleterre victorienne.

C'est avec beaucoup de talent et une documentation solide que David Morrell remonte le temps jusqu'à l'époque victorienne. Nous sommes en 1855, à Londres. La reine Victoria règne difficilement dans un contexte politique qui l'est tout autant. En effet, la guerre de Crimée fait rage, les anglais se battent avec les français et les ottomans contre les russes qui veulent s'étendre encore plus. Le gouvernement britannique bat de l'aile et des meurtres sont commis d'où le nom du mouvement Young England ressort.

Qui commet ces crimes horribles ? Qui en veut à la vie de la Reine Victoria et pourquoi ? Pour répondre à ces questions, le grand écrivain Thomas de Quincey surgit avec sa fille ... et son opium thérapeutique, enfin au début, pour enquêter. Lui et sa fille Emily sont d'ailleurs des personnages haut en couleur !

Les notes d'Emily complètent le roman et accentuent l'ambiance de l'époque. Avec tous ces personnages qui ont réellement existé, on ne sait plus discerner le vrai du faux. La Reine et l'assassin est un thriller victorien qui flirte de très près avec le roman historique. L'enquête est intéressante mais, surtout, le décor et l'univers transcrits par l'auteur nous envahissent et l'on regrette alors que le roman ait une fin ...

dimanche 19 juin 2016

Une ville en mai

Une ville en mai est le nouveau roman de Patrick Raynal sorti en mai 2016 aux éditions L'Archipel

Présentation de l'éditeur :
Nice, mai 1968. Frédéric Corniglion revient après dix ans d’Afrique. Chez les ouvriers et les étudiants, la révolte n’épargne pas Nice et ses facs.
Dominique, son ex-femme, lui apprend que Sophie, leur fille, ne donne plus de nouvelles depuis des mois. Elle fréquentait un étudiant, un certain Thomas. Inquiet, Frédéric contacte le commissaire Pancrazi, ancien RG. Le policier lui révèle les activités militantes de Sophie (distribution de tracts…), son appartenance à l’Union de la Jeunesse Marxiste Communiste et Léniniste.
En même temps, le cadavre d’un prof de la fac de lettres, Blanc-Dumont, est découvert sur une plage. Frédéric poursuit ses recherches. Il va voir les membres de l’Union, et rend visite à Corinne Duval, la colocataire de sa fille. Là, la jeune femme lui dit avoir reçu un homme à l’air méchant, et insistant pour avoir des nouvelles de Sophie…
Avec son équipier Casanova, Pancrazi investit la fac. Quelques étudiants en colère, un directeur rétif, et une info : Blanc-Dumont fréquentait des cercles néo-nazis…

L'ancien directeur de la Série Noire signe un nouveau polar et nous ramène quelques années en arrière, il y a près de 50 ans, à Nice où le soleil et la révolte des étudiants ne cessent de taper. On y suit Frédéric qu'on apprécie assez rapidement malgré de nombreux défauts ... dont celui d'avoir abandonné sa famille dix ans auparavant.
Il est revenu pour chercher sa fille qui a disparu. Et il n'est pas au bout de ses surprises car il va découvrir que sa fille est communiste et engagée activement dans sa cause, ce qui lui cause quelques soucis au vu de sa façon de penser, et qu'en plus elle semble être une jeune femme très libre ... dur à réaliser pour un parent.

Les coups de poing et coups de gueule ne cessent de pleuvoir dans ce roman qui se déroule à cent à l'heure. Frédéric est déterminé à retrouver sa fille. Mais pour cela il va devoir creuser pour que certains secrets réussissent à sortir et pour qu'il puisse remonter le fil des événements.

Dans un décor de mai 68 où la tension est électrique entre flics et étudiants, Frédéric va redécouvrir un pays qu'il avait abandonné une dizaine d'années plus tôt. Le type est à la fois détestable dans ses discours sur sa vision du monde mais il est également adorable dans l'attachement qu'il a envers sa fille qu'il ne connaît quasiment pas.
Le polar est bien mené, on accroche bien et on se laisse entraîner dans cette histoire qui prend des proportions de plus en plus folles au fil des pages ! Patrick Raynal a une culture de roman noir dont on retrouve les principaux codes dans Une ville en mai.